Comprendre le Phosphore pour prédire l’avenir du Lac Sergent

 

Texte préparé par l’APPELS dans le cadre de la réunion des leaders d’opinion du 29 avril 2006 (voir aussi le schéma qui s'y rattache).

 

Pourquoi le phosphore est-il si important?

 

Dans un milieu aquatique comme le lac Sergent, les plantes et algues microscopiques ont accès à une abondance de tous les éléments nutritifs dont elles ont besoin sauf un : le phosphore. Pour cette raison, on dit que le phosphore est un facteur limitant pour la croissance des végétaux aquatiques. Si on en n’ajoute pas, les plantes sont limitées à ce qui provient de la nature environnante. Tout autre apport - provenant de l’activité humaine - devient donc une cause de prolifération.

 

 

Quelques chiffres :

 

  • 1 kg de phosphore ajouté au lac peut être suffisant pour produire 500 kg de masse végétale;
  • Les 600 kg de phosphore que nous déversons dans notre bassin versant à chaque année via les eaux usées, correspondent à un potentiel de croissance de 300 tonnes de masse végétale à chaque année;
  • En 2001, la masse totale des algues microscopiques dans le lac était évaluée à environ 1000 tonnes !
  • C’est cette même masse végétale qui forme la majorité des sédiments et qui remplit le lac progressivement à chaque année.

 

 

D’où provient le phosphore ?

 

On distingue deux sources principales de phosphore :

 

  1. Le phosphore d’origine diffuse :

·        La forêt en émet 5,5 kg par km2 par année;

·        Un terrain en friche en émet 25 kg par km2 par année;

·        Un territoire urbanisé peut émettre jusqu’à 150 kg par km2 par année.

  1. Le phosphore provenant des eaux usées  (origine ponctuelle) :

·        Une personne produit 0,8 kg de phosphore par année;

·        Dans une installation septique avec élément épurateur, 25% de ce phosphore est retenu par la fosse (solides) et 75% est relâché dans l’environnement (liquides).

 

 

Quelques chiffres :

 

  • Le plan directeur de 2001 décrit nos émissions actuelles de phosphore  ainsi :
    • Émissions diffuses : environ 500 kg par année;
    • Eaux usées : environ 600 kg par année.

 

 

 


 

Comment cela se traduit-il en concentration de phosphore dans le lac ?

 

Le plan directeur applique des équations qui ont été décrites et citées par plusieurs spécialistes (Dillon, Wetzel, Kalff). Ce document ne vise pas à exposer tous les détails techniques. Pour simplifier, on peut dire que le phosphore émis sur le territoire du bassin versant finit par atteindre le lac et se dissout dans l’eau qui arrive également dans le lac. Une partie de ce phosphore est captée dans les sédiments. Les équations utilisées permettent donc de prédire la concentration de phosphore dans l’eau en tenant compte du facteur de dilution, des volumes d’eau entrant et sortant du lac, et de la sédimentation.

 

 

Quelques chiffres :

 

  • Pour notre lac, le résultat en 2001 était 1081 kg de phosphore par année pouvant produire une concentration finale de 25 μg/l dans le lac;
  • La diagnose de 2001 et les diagnoses effectuées depuis ont démontré des niveaux qui vérifient ce modèle à peu de choses près. Ainsi, en 2001, la diagnose établissait la concentration moyenne de phosphore à 29 μg/l. En juillet 2005, nos mesures variaient entre 12 et 48 μg/l !
  • La norme provinciale pour préserver l’usage d’un lac est de moins de 20 μg/l.

 

 

 

Projections : Où allons-nous ?

 

Deux tendances sont identifiées : les nouvelles résidences construites dans le bassin versant sont des résidences permanentes et un nombre grandissant de résidences saisonnières sont transformées en résidences permanentes :

 


 

Année

Résidences permanentes

Résidences saisonnières

Total

Émissions annuelles de Phosphore

Concentration de Phosphore dans le lac

2001

228

341

569

1081 kg/année

25 μg/l

2006

270

330

600

1145 kg/année

12-48 μg/l

2011

380

320

700

???

???


 

 

 

Hypothèse 1 -  Installations septiques sans rétention de phosphore en 2011 :

 

Émissions diffuses :

536 kg

Eaux usées :

795 kg

Total :

1331 kg

Concentration dans le lac :

31,3 μg/l

 

Hypothèse 2 -  Installations septiques avec rétention de phosphore en 2011 :

 

Émissions diffuses :

536 kg

Eaux usées :

259 kg

Total :

795 kg

Concentration dans le lac :

18,6 μg/l

 

On réalise rapidement que le traitement des eaux usées n’est pas une solution miraculeuse. Elle doit faire partie d’une approche globale et s’intégrer dans un plan exhaustif de réhabilitation du lac axé sur la durabilité et touchant toutes les sources de phosphore.

 

 

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Dernière modification : 24 June 2008