La problématique du myriophylle à épi à Lac-Sergent

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Le Myriophylle à épi a commencé à envahir le lac Sergent dans les années 1960. Elle forme actuellement une importante partie de la population de plantes aquatiques du lac. Elle a pris la place des plantes indigènes acclimatées au lac. Plante originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord, elle est considérée comme du mauvais herbe.

 

«Le Myriophylle à épi est une plante herbacée aquatique vivace qui vit submergée et se reproduit principalement par fragmentation végétative (Aiken et al., 1979). La fragmentation de la plante se poursuit pendant une bonne partie de l’année et les racines se développent souvent sur un fragment avant que celui-ci ne se détache de la plante mère (Aiken et al., 1979). Le Myriophylle à épi peut pousser dans des plans d’eau d’une profondeur allant de 0,5 à 10 mètres, mais la plupart des plants semblent s’établir à une profondeur se situant entre 0,5 et 3,5 mètres (Aiken et al., 1979). La plante prend racine dans le fond de l’eau et pousse vers la surface. Une fois la surface de l’eau atteinte, le myriophylle à épi se ramifie abondamment et forme une matte dense (Aiken et al., 1979). La floraison et la production de graines sont fréquentes, mais les semences peuvent rester dormantes longtemps et la germination est irrégulière (Aiken et al., 1979). On a trouvé aucune semence, même dans les régions où la plante est répandue (Bates et al., 1985). La multiplication végétative constitue le principal mode de propagation du myriophylle à épi (Aiken et al., 1979).» (Tiré de Environnement Canada).

 

Est-ce une menace ou un atout ?

En l’absence d’une végétation importante dans la zone riveraine, le lac subit un apport de phosphore important. Le Myriophylle à épi capte ce phosphore disponible et prévient l’apparition d’autres végétations plus pernicieuses telles les algues bleues. Mais là s’arrête son pouvoir bénéfique.

Le Myriophylle à épi est une entrave à la navigation, à la baignade et détruit l’habitat naturel.

 

Que peut-on faire ?

Cette plante aquatique se reproduit surtout par multiplication végétative. Cela veut dire que si on coupe les tiges, elles se multiplient rapidement. Les hélices de moteur brisent les plantes et favorisent leur développement. Une plante coupée devient deux plantes, puis quatre, puis huit, puis seize …

D’emblée, il est quasi impossible de s’en débarrasser. Les moyens de lutte existants sont chimiques, mécaniques et physiques; la lutte biologique étant encore à l’étape de la recherche et du développement. Ces moyens sont dispendieux et ne sont pas entièrement efficaces.

Si on ne peut se débarrasser de la plante, on peut contribuer à réduire sa prolifération. Éviter d’y naviguer serait la première action à poser, garder à l’intérieur du bateau les végétaux pris dans l’hélice pour les jeter aux ordures ou les composter (garder une chaudière à bord pour y mettre les résidus). Nettoyer son bord de rive en retirant manuellement les plantes ainsi récoltées. Si chacun nettoie son bord de rive, le lac ne pourra que s’en porter mieux. Il ne faut pas rejeter à l’eau des bouts de plantes … pas plus que d’autres plantes qui, en pourrissant, utilisent l’oxygène disponible. Contrairement à la croyance populaire, les maskinongés de mangent pas les plantes aquatiques, ce sont des prédateurs qui bouffent de plus petits poissons.

 

Et l’avenir ?

Notre lac sera toujours eutrophe et comme tous les lacs, il évoluera vers un remplissage inévitable. On peut contribuer à retarder son vieillissement. Plusieurs petits gestes répétés par tous contribueront au maintien de la santé du lac.