(2) L’ADMINISTRATION BÉDARD: L’ENVERS DE LA MÉDAILLE

SUJET : LES INSTALLATIONS SEPTIQUES

Depuis 2018, la Ville a obligé les citoyens à remplacer leurs installations septiques âgées de plus de trente ans. Encore une fois, une belle façade, mais qui cache les véritables problèmes, d’autant que ce processus s’est fait avec une totale absence de transparence. On a appris récemment que la plupart de ces installations (sauf une trentaine) ont été remplacées, mais on ignore par quels types de système.

Avant 2018, ces installations étaient généralement des vidanges périodiques et plusieurs desservaient des résidences saisonnières. Les vidanges périodiques, sauf si la fosse de rétention n’est plus étanche, est le type d’installation le moins polluant en termes d’émission de phosphore et d’azote, à l’exception des fosses de rétention entière. En les remplaçant par des systèmes avancés, au lieu de solutionner notre problème, nous l’avons aggravé.

Qui plus est, les installations des résidences saisonnières sont quatre fois moins sollicitées que les résidences permanentes.

Or, la plupart des résidences permanentes, construites après 1990 (moins de 30 ans), ont des systèmes avancés qui émettent davantage de phosphore et d’azote que les vidanges périodiques. Déjà en 2011, le relevé sanitaire réalisé par des professionnels à la demande de la Ville, révélait de nombreuses irrégularités parmi ces installations construites après 1990 qui continuent aujourd’hui à polluer allégrement notre lac, avec la bénédiction de la Ville.

Quant aux remplacements des installations, il semblerait que quelques-unes ait été autorisées à l’aide d’une étude de caractérisation qui soulèvent des interrogations. Ceux-ci prennent la hauteur du lac en période d’étiage en été (souvent à 158.0 m., soit 60 cm. plus bas que le niveau du lac), alors que selon le Règlement Q2, r.22, ils doivent prendre cette hauteur à partir de la ligne 0-2 ans qui sépare (le lac et la rive) qui est officiellement à 158,6 m.

Résultat : ils ont parfois recommandé la construction d’installations dans la zone inondable (ligne 0-20 ans qui est officiellement cartographié au schéma d’aménagement de la MRC de Portneuf) ou même carrément en deça de la ligne 0-2 ans (soit dans le littoral du lac).

Conséquence : Dans les cas des fosses installées dans le littoral, elles se vidangent directement dans le lac. Pour celles installées dans la zone inondable, au printemps ou après de fortes pluies et la montée du niveau des eaux, elles se vidangent aussi directement dans le lac.

La Ville tolère, accepte et ferme les yeux sur ces études de caractérisation douteuses et ces nouvelles installations illégales. De même pour celles construites après 1990 dont plusieurs ont obtenues une cote B- au relevé sanitaire de 2011, créant un danger environnemental.

Elle a même dépensé plus de 20 000 $ en honoraires d’avocat pour défendre l’un de ses conseillers dont les installations sont en zone inondable. Pourtant le règlement du gouvernement du Québec (Q.2, r.22) précise bien qu’un système tant étanche que non étanche doit être installé dans un endroit où il n’est pas susceptible d’être submergé.

Tout cela constitue littéralement une licence pour polluer, et si rien n’est fait, pendant 30 ans. Or au Québec, selon la loi, personne n’a un droit acquis à polluer.

Mais il y a pire. Un petit groupe de citoyens de la Baie Ouest ayant des installations de plus de 40 ans refusent de remplacer leur système. Parmi ceux-là, l’un d’eux possède une des installations les plus polluantes du lac qui n’a que 10 cm. de sol naturel (non du remplissage) pour recevoir les eaux usées alors que la loi en exige au moins 90 cm. Encore une fois, il se vidange directement dans le lac. Doit-on se surprendre que notre lac soit envahi par du myriophylle à épis ou des cyanobactéries ?

Que fait la Ville : rien !

L’APPELS a fait de nombreuses représentations auprès de la Ville sur ces sujets, mais sans jamais recevoir de réponses.

C’est cette minorité de systèmes qui est responsable de la grande majorité de la pollution du lac.

Comment cette administration peut-elle se vanter de son bilan environnemental. Sa passivité et son laisser-faire nous mènent directement à la catastrophe.

Une campagne électorale est l’heure de la reddition de compte de l’administration sortante. Alors, est-on certain de vouloir de cette administration pendant encore quatre ans ?

C’est à y penser !

(À suivre dans le 3e volet)

Association pour la protection de l’environnement du lac Sergent (APPELS)

Septembre 2021

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